Il m’arrive de devenir folle et de faire des démonstrations sans trop réfléchir à ce que je ferai une fois la poussière de la démo retombée. Vous voyez, pour une raison quelconque, lorsque je me suis arrêté et que j’ai regardé tous ces porte-serviettes fous dans notre salle de bain de l’entrée pour la cinq-centième fois…

 

… J’ai décidé qu’il était temps de prendre le marteau et de prendre position. Parce que qui a vraiment besoin d’autant de porte-serviettes ? Et qui a décidé de mettre celui de gauche si follement décentré sous la fenêtre pour qu’il dépasse à moitié du rideau de douche ? Surtout quand il y a de la place pour un mignon petit anneau à serviettes sur le mur non carrelé à côté du lavabo, près de la porte.

 

Vous pouvez dire que ce porte-serviettes bancal à moitié sous la fenêtre m’a particulièrement dérangé ? Oui, je l’ai pris personnellement. J’ai donc pris une minute pour inspecter les barres à serviettes et j’ai décidé que celles de la douche n’étaient pas si mauvaises puisqu’elles seraient cachées par un rideau de douche 99,9% du temps (une fois que nous en aurons effectivement accroché un). Et j’ai remarqué qu’ils semblaient tous être collés sur le carrelage au lieu d’être encastrés dans celui-ci (ce qui signifie que si je pouvais les enlever avec précaution, je pourrais peut-être sauver le carrelage en dessous pour obtenir un aspect complètement homogène). J’ai donc décidé de dire d’abord au revoir à cet ennuyeux barreau décentré sous la fenêtre. Vous savez, puisqu’il était mon porte-serviettes le moins préféré dans l’histoire de l’univers.

Je l’ai très soigneusement ciselé tout doucement avec un tournevis à tête plate et un marteau. Tapez… tapez…

 

… merde. Les supports de barre se sont détachés assez facilement. Mais ils n’étaient pas collés sur le dessus du carrelage comme je l’espérais. Ils étaient insérés. Boo. Je me suis donc retrouvé avec deux bobos très visibles qui ressemblaient un peu à ceci :

 

Cue la nausée. Jean ne savait même pas ce que je préparais (surprise). Je misais sur une révélation du type « regarde ce que j’ai fait – ça n’a pas l’air mieux ? ». Vous savez, par opposition à une révélation « oops j’ai ruiné le carrelage original des années 60 avec lequel nous avions définitivement prévu de travailler ».

Mais alors que je restais là à imaginer des pommes de terre au four (une méthode anti-nauséeuse insensée que j’ai perfectionnée pendant 100 jours consécutifs de nausées matinales alors que j’étais enceinte), je me suis assurée que nous pourrions probablement chasser semi-facilement deux carreaux de remplacement et simplement enlever à la Dremmel ceux qui sont ruinés pour une réparation assez impeccable. Mais plus je regardais mon erreur, plus je réalisais qu’il y avait une solution beaucoup plus simple. Au moins pour l’un des trous. Rembobinons un peu. Regardez attentivement la fenêtre. Remarquez vous quelque chose de bizarre à son sujet ?

 

Pourquoi y avait-il des garnitures autour des côtés et du haut, mais pas le long du bas ? Si on ajoutait une simple boiserie blanche en bas, ça aurait probablement l’air heackova beaucoup plus équilibré et ça couvrirait une de mes deux gaffes de carrelage flagrantes. Nous avions également eu l’intention de suspendre la barre de douche près du plafond avec un autre de nos rideaux de douche gaufrés 2,5 mètres super longs préférés, qui finirait par se draper juste devant l’autre trou de carrelage (oui,  » trou de carrelage  » est un terme technique) et le masquerait complètement qu’il soit ouvert ou fermé (puisque nous le poussons vers la fenêtre lorsqu’il est ouvert, donc il cacherait toujours mon sale petit secret de carrelage en position ouverte comme en position fermée). Bien que ce ne soit pas une solution éternelle comme l’ajout d’une garniture, c’est certainement une solution  » will-do-until-we-find-a-matching-tile-later « .

 

J’ai donc pataugé penaud dans le couloir en arborant ma meilleure expression de oups-je suis devenu fou et j’ai demandé de l’aide pour ajouter  » un tout petit peu de garniture et ré-accrocher la barre de douche à la hauteur du plafond  » afin de pouvoir enfiler notre nouveau rideau. Jean était l’homme de la situation. Il était assez silencieux (un signe certain qu’il n’était pas exactement extatique) mais il ne m’a pas fait les yeux doux ou quoi que ce soit. Au lieu de cela, il s’est mis au travail pour réparer mon désordre pendant que je me tenais en arrière-plan en tenant le bébé et en le flattant avec des bêtises comme « ce chapeau te va très bien » et « personne n’accroche les bordures comme toi, bébé ». J’ai même réussi à avoir un petit sourire en coin avec cette dernière phrase. Quant à ce que Jean a fait spécifiquement, il a d’abord enlevé le minuscule morceau de fausse garniture qui ressemblait à une sorte de moulure de chaussure sous le rebord de la fenêtre en faisant levier avec un tournevis à tête plate (un mini pied-de-biche ferait aussi l’affaire).

 

Puis il a coupé un morceau de garniture que nous avions déjà dans notre tas de ferraille en regardant d’autres fenêtres dans la maison et en imitant la forme (droite vers le bas de chaque côté avec une petite coupe diagonale de coin inférieur à 45 degrés qu’il a faite à l’aide d’une boîte à onglets). Il l’a fixée avec de petits clous de finition qu’il a enfoncés à l’aide d’un petit poinçon à clous en métal (qui enfonce les clous tout en empêchant la garniture d’être bosselée par le marteau), à un angle vers le rebord de la fenêtre.