La BeauHaus présente la première collaboration de deux cinéastes, Guy Marc Hinant et Clémence Hébert. Tous deux présenteront chacun une forme courte, spécialement créée pour l’exposition, d’un film plus long qui les occupe pour le moment. Leurs travaux développent des recherches parallèles qui ont en commun la notion de voyage, spatial et mental : l’un au Birobidjan, l’autre au large des côtes anglo-normandes, dans des mondes voués à la disparition, pour tenter d’en restituer une mémoire et une expérience sensible.
Cette exposition, qui est aussi pour eux l’occasion d’expérimenter un espace autre que la salle de cinéma, crée un dialogue entre différents éléments :
- la projection en boucle de deux films de 12 minutes : Autodafé, 1949 (Guy Marc Hinant) et The Sea of Men (Clémence Hébert) ;
- une cassette audio éditée par le label Music City développant et réinterprétant l’univers sonore des deux films ;
- l’édition d’une affiche ;
- des concerts et des performances de City Hands, Dolphins into the future, Saule, Gabriel Séverin.
Guy Marc Hinant, ‘Autodafé, 1949′
Guy Marc Hinant.
Fonde le label Sub Rosa avec Frédéric Walheer en 1984, alors qu’il est encore étudiant à l’INSAS.
Fonde l’OME (Observatoire des Musiques Electroniques) en 2000 avec Dominique Lohlé (avec qui il réalise quinze films sur l’écoute, la musique, la composition, l’avant-garde et le bruit).
Collabore avec Dominique Goblet (49 textes pour « Les hommes-Loups », les installations de « Ghost Machinery »).
Tente d’écrire sur le bruit, l’autarcie et l’hypnose (« Tohu Bohu »).
Autodafé, 1949 (2012, 12’) a été conçu à partir d’images filmées en octobre et novembre 2011 au Birobidjan, oblast autonome juif de Russie. Fondé en 1934 par Staline, se voulant être le foyer soviétique enfin paisible de tous les juifs communistes, non seulement issus de l’Est, mais du monde entier, cette enclave lointaine (séparée de la Chine par le fleuve Amour) va s’avérer être un piège. La guerre à peine finie, s’y organisent des déportations massives – élimination des intellectuels, des artistes, incendie de la vieille synagogue, goulag pour les politiques, les cosmopolites sans racine. L’autodafé de 1949 reste dans la mémoire des survivants comme le coup de grâce.
En collaboration avec le GSARA, le CVB et les éditions Sub Rosa.
Clémence Hébert, ‘The sea of men’
Clémence Hébert.
Quitte Cherbourg (Nord de la presqu’île du Cotentin), pour étudier le cinéma à l’INSAS (Bruxelles) en 2000.
Après son premier film, « Le bateau du père » (2009), qui raconte l’histoire d’une lignée de marins pêcheurs – celle de son propre père –, elle continue à suivre l’équipage d’un chalutier au large des côtes anglo-normandes.
En parallèle, soutenue par des méthodes ethnographiques, elle s’immerge dans différentes institutions psychiatriques afin d’interroger notre rapport à la normalité, et la façon dont nous traitons les fous.
www.lebateaudupere.be
The Sea Of Men (2012, 12’). Il y a un an, en mars 2011, un chalutier sortait en mer pour sa ‘dernière marée’. Ce film tente de rendre compte du travail des marins, du rapport de l’homme face aux éléments, à la nature, aux poissons, aux oiseaux. Un monde qui est aussi éblouissant de lumière, de beauté, qu’aride, sauvage et tempétueux : un voyage dans l’espace et dans le temps, en haute mer.
Infos pratiques
- BeauHaus | 5 boulevard Barthélémy, 1000 Bruxelles
- 21.04-18.05.2012
- Merci à Gwenola Carrère, Emmanuel Gonay & Xavier Garcia Bardon
Traces
* Lors du vernissage…
Gabriel Séverin plongea la BeauHaus dans une atmosphère classico-baroque…
… et des irish coffees nous réchauffèrent le coeur.





















